Manon Brunet

La musique comme mode de vie

C’est grâce à mon détour sur le marché du travail en tant que représentante des ventes puis chef d’équipe pour la compagnie NTI, que j'ai développé ma confiance dans le milieu des affaires. C’est aussi là où je fais la rencontre de mon “homme”, mon mari et complice, Gillis Cloutier. Son amour me donne des ailes! Avec la bénédiction paternelle, je quitte mon emploi pour me consacrer à ma carrière de chanteuse. Rapidement, le blues devient une évidence pour nous. Fin 1990, on fonde “My”, puis “Ma” Blues Band avec la fervente intention de “blueser” en français. L’été 1991 est celui de notre inoubliable journée de noces, de la tournée Labatt Blues et de ma première apparition télé 1991- Beau et chaud: Amoureuse.  L’été suivant: 1992- Ma gueule - Entre deux joints.

Début 1992, Jamil Azzaoui, gérant de Dan Bigras à l’époque, me téléphone et requiert mes services comme choriste. C’est l’époque de Tu m’tueras  que je chanterai plusieurs fois avec Dan. En juillet 1993, on m’accorde une première bourse de création signée par la ministre de la culture, Liza Frulla. Au même moment, Ma Blues Band fait partie de la programmation de la scène Labatt Bleue du Festival International de Jazz de Montréal.

1994 est l’année du Festival International de la chanson de Granby. J’en ressors grandie, avec deux prix sous le bras: - Prix de la Presse  et le 2e prix de la chanson primée avec la chanson Ô Quotidien. Mon côté femme d’affaires me pousse à produire mon premier album. On m’accorde finalement, en août 1996, la bourse Fondation André Chagnon pour la production d'un disque, prix faisant partie des privilèges donnés aux finalistes du FICG . Nous allons, Gillis et moi, enregistrer les Éditions Magi en témoignage de notre association musicale et l’intégrer à notre patrimoine familial. Au même moment, ma demande à l’Union des Artistes est acceptée: je suis dorénavant membre active et gonflée à bloc!

Le premier de l’an 1995, nous atterrissons, Gillis et moi, à Casablanca au Maroc pour un contrat d’un mois, 6 jours semaine au Jazz Bar Amstrong. Je me lierai d’amitié avec une marocaine à la vie fascinante, Soukaïna Oufkir, qui m’a offert les paroles de Tomber debout en amitié. Je m’envole à nouveau en août, cette fois-ci, seule, pour un premier spectacle en France dans le cadre du Festival Jazz Off  à Salon de Provence. C’est cette même année que je joins le People Gospel Choir de Montréal. De belles collaborations en découlent: Patrick Norman (album Chez-moi), Dan Bigras (album Jezabel) et le show du refuge 1995, un spectacle capté pour la télé à la Basilique-Cathédrale Notre-Dame de Québec et la participation du choeur à l’enregistrement de mon premier opus.